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Carter's Heart

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Vivi
Posté le: 14/10/2007 13:20:45 Répondre en citant

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Il l'attendait de pieds fermes. Il avait fallut qu'Aaron la leur impose au dernier moment! Et malgré la triste histoire qu'il leur avait dépeint, il ne voyait en elle qu'une intriguante qui s'intéressait à son frère, juste par profit et pour l'appât du gain. Une de plus. Il connaissait tellement bien ce genre de filles pour les avoir rencontré et côtoyé. C'était toujours le cas aujourd'hui, mais lui savait à quoi s'en tenir. Mais de toute évidence, dans le cas présent, son jeune frère ne semblait pas se rendre compte du piège dans lequel il tombait. Apparemment, il ne connaissait pas cette fille depuis longtemps, deux mois tout au plus, mais apparemment, les deux jeunes gens étaient déjà très "proches". Aaron avait affirmé qu'il ne s'agissait que d'amitié, mais quand il parlait de cette fille, il était tellement plein d'enthousiasme, qu'à n'en pas douter, il ressentait de tout autre sentiment pour elle. Des sentiments sûrement loin d'être partagés par cette inconnue. Mais il était bien décidé à démasquer cette fille et à montrer son vrai visage à son frère pour lui ouvrir les yeux.
Aaron l'avait invité à passer une semaine dans la propritété familiale et cette intrigante devait arriver le matin-même, de San Francisco. Mais il lui ferait comprendre qu'elle n'utiliserait plus son frère. Il l'éloignerait d'Aaron, quite à lui faire miroiter qu'elle serait nettement mieux avec quelqu'un de plus âgé, de plus expérimenté et de plus riche. Ces éléments la pousseraient sûrement dans ses bras, avant qu'il la repousse loin de sa famille.
En attendant, à mesure que l'heure de l'arrivée de cette fille approchait, Nick sentait sa colère grandir en lui. Enfin, on sonna au portail. Il était dans la cuisine et après un coup d'oeil à la fenêtre où il aperçut son frère sur un transat au bord de la piscine, il poussa un soupir et alla décrocher l'Interphone.
_Oui?, demanda-t-il d'une voix peu amène.
_Bonjour, c'est Aurélie, l'amie d'Aaron.
_Je vous ouvre, répondit-il d'une voix grave avant de raccrocher.
Elle avait parlé d'une voix douce, mais c'était sûrement une apparence pour mieux duper les gens. Après avoir actionné l'ouverture du portail, il se rendit sur le balcon et annonça à son frère:
_Elle arrive! Aaron!, l'interpella-t-il plus fort pour le réveiller. Bouge-toi!
En voyant son frère se redresser et se lever, il s'était dit qu'il allait rentrer accueillir son amie, mais quand on sonna à la porte à plusieurs reprises, il jeta un nouveau regard à la piscine et son frère s'y trouvait toujours. Jurant entre ses dents, il dut se faire violence et aller ouvrir, d'autant plus que les aboiements des chiens lui cassaient les oreilles. En tout cas, il avait bien envie de les lâcher sur elle. Peut-être les animaux auraient-ils le don de la faire fuir et de l'en débarrasser pour de bon? Oui, mais si c'était la vipère qu'il imaginait, elle pourrait aussi porter plainte pour agression ou autre et ça risquerait d'aller loin. Alors, résigné, il attrapa Layla, son pitbull, par le collier et ouvrit la porte en levant les yeux pour découvrir finalement une jeune femme toute simple et au visage amical. Elle n'avait rien d'une bimbo, ni d'une femme vile. Elle avait l'air inoffensive et c'était sans doute là toute sa force. Des cheveux lisses aux carrés et surplombés de lunettes de soleil vissées sur son crâne, elle était habillée simplement d'un chemisier, d'une jupe en jean longue jusqu'en dessous des genoux et de petites baskettes rouges et blanches. Il aurait continué à l'étudier, si son chien n'avait pas profité de son moment d'inattention pour se sauver et courir sur la nouvelle venue. Il s'attendait déjà à l'entendre hurler, mais contre toute attente, lorsque l'animal lui sauta dessus, elle lâcha ses affaires pour l'accueillir avec des caresses, sans perdre son sourire.
_Hey, salut toi!, lui lança-t-elle en lui caressant le dessus de la tête.
Il mit encore une seconde avant de sortir de son étonnement et d'appeler Layla en attrapant le chien au collet.
_Je suis désolé, s'excusa-t-il à contrecoeur.
_Ce n'est rien. J'adore les chiens.
_Apparemment, ils le sentent, fit-il remarquer pour lui-même.
A présent, les chiens d'Aaron s'étaient joints à la fête et il eut beaucoup de mal à les repousser.
_Je suis Nick, le frère d'Aaron, se présenta-t-il en lui tendant la main.
_Et moi, Aurélie, répondit-elle en la lui serrant, avec un large sourire. Je vous remercie de m'accueillir ici: cet endroit à l'air fabuleux.
Nick eut tout à coup un éclair: l'appât du gain semblait refaire surface et il se reprit aussitôt. Elle avait levé une toute petite partie du voile qui la dissimulait, mais il en avait vu assez pour découvrir la femme veinale qui se cachait derrière toutes ses gentillesses.
_Malheureusement, étant donné qu'il s'agit de la demeure familiale, chacun peut inviter qui il souhaite.
_Dans ce cas, j'imagine que vous y venez en connaissance de cause.
_Ce qui veut dire?, s'enquit-il d'une voix un peu plus grave sous lequel refaisait surface sa colère.
_Et bien, vu le nombre d'enfants Carter que compte votre famille, ce n'est sans doute pas le meilleur endroit pour connaître le calme.
_Essayeriez-vous de me "renvoyer" d'ici?
_Loin de moi, cette intention, monsieur Carter. Je voulais juste dire qu'une maison de famille est souvent pleine d'agitation. C'est normal quand les gens se retrouvent...
_Oui, et surtout quand il s'agit des Carter. Pas besoin d'invités pour créer de l'agitation: on est assez doué pour mettre l'ambiance tous seuls. Je croyais que tu l'avais compris depuis qu'on se connaît, répliqua Aaron en trottinant vers eux en long caleçon de bains.
En arrivant devant Aurélie, il la prit dans ses bras et la fit tournoyer.
_Ce que tu m'as manqué, ma p'tite chérie!
Alors que le rire de la jeune femme éclatait dans l'entrée, Nick rongeait son frein en les observant, les bras croisés sur son torse. Les retrouvailles duraient un peu trop longtemps à son goût, aussi s'exclama-t-il à l'intention de son frère:
_Tu aurais pu t'habiller un peu plus convenablement pour accueillir ton invitée.
Aussitôt, Aaron lui lança un regard agacé:
_Je suppose que tu as rencontré mon frère, le ronchon de la famille.
_Ca s'appelle juste de la politesse.
_Peut-être, mais je suis nettement plus sexy dans cette tenue. Et puis, Aury a l'habitude.
_De te voir à moitié à poil?
_Non. De mes tenues décontractées.
A sa voix, Nick comprit que son frère allait s'énerver et il n'avait aucune envie de provoquer une nouvelle dispute devant la petite-amie d'Aaron.
_Bon, dans ce cas, tu pourrais peut-être conduire ton amie à sa chambre et lui faire visiter la maison?
_C'était bien mon intention, répliqua l'intéressé avec un regard noir à son frère.
Après être allé cherché le sac de voyage d'Aurélie resté sur le seuil, Aaron revint chercher la main de la jeune femme et l'entraîna dans le grand couloir. Une fois qu'ils se furent éloignés, Nick poussa un profond soupir et libéra Layla. Les choses n'allaient peut-être pas être aussi faciles, car il devrait jongler avec le comportement imprévisible de son frère. De toute évidence, ce dernier était toujours prêt à livrer bataille contre lui, pour se justifier ou pour défendre son amie. Layla lui rappela alors sa présence en lui léchant la main et il s'accroupit pour la caresser, songeur. Les animaux étaient connus pour pouvoir lire en les humains et à en croire le comportement des chiens, Aurélie était quelqu'un de bien. Se pouvait-il qu'elle les ait dupé, eux aussi?
Sur ces interrogations sans réponses, il retourna à la cuisine pour nourrir les chiens et préparer le déjeuner. Concentré sur ce qu'il faisait, il ne vit pas le temps passer et environ une demi-heure plus tard, il entendit brusquement une voix féminine et paniquée:
_Nick!
Le ton paniqué qu'elle avait employée, l'intrigua aussitôt, si bien qu'il sortit sur le balcon en direction des vives exclamations.
_Je t'en prie, Aaron, descends! Tu me fais peur! Tu sais bien que j'ai le vertige. S'il te plaît, viens me rejoindre.
_Viens voir! La vue est vraiment superbe, d'ici, lui répondais le jeune homme.
Nick le découvrit alors, debout sur la rambarde du balcon. Elle était large et Nick avait l'habitude de le voir là, même si cela l'agaçait énormément.
_Aaron, arrête tes conneries et descends de là. Tu vois bien que tu fais peur à Aurélie.
Il n'avait pas vraiment peur pour son cadet, contrairement à la jeune femme qui tremblait nerveusement.
_Mais y'a pas de raison! Y'a rien à cr... aiiinnnnnndre!, s'exclama-t-il en sautant de la rambarde.
Aussitôt, la jeune femme hurla d'effroi, avant de couvrir sa bouche de ses deux mains.
_Quel petit con, jura Nick entre ses dents.
Le bruit du plongeon d'Aaron sembla faire retomber toute la tension contenue en Aurélie et en un instant, il la vit chanceler. Heureusement, il était assez prêt d'elle pour la retenir, alors que ses jambes la lâchaient.
_Hey! Ca va aller?
Elle était pâle et tremblait encore contre lui, le regard figé.
_Non, répondit-elle d'une voix très faible.
Avec un nouveau soupir agacé, il la soutint lentement jusqu'à une chaise de jardin où il l'aida à s'asseoir avant de s'agenouiller devant elle.
_Je suis désolé: mon frère est vraiment un jeune crétin. On a beau lui dire qu'il finira par se louper, il ne veut rien entendre.
Elle ne répondait pas et restait prostrée. Nick n'aurait jamais pensé qu'elle pourrait réagir ainsi et lui prit la main pour tenter de la réveiller. C'est alors qu'Aaron apparut, trempé et un large sourire aux lèvres.
_Alors, qu'est-ce que vous en avez pensé? Il était pas mal celui-là, non? En sautant du toit, j'essayerais de faire un saut périlleux, la prochaine fois.
_Tu ferais mieux de te taire, espèce d'abruti, rétorqua son aîné en se remettant debout. Tu ne vois pas dans quel état tu as mis Aurélie?
_Oh... Voyons, ma puce, c'était juste une blague! J'ai l'habitude, tu sais: il ne m'arrivera rien, répliqua le jeune homme avec un doux sourire, en approchant d'elle.
Bizarrement, sa voix sembla la sortir de sa torpeur et elle releva la tête avant de se relever, une expression choquée toujours imprimée sur son visage. Elle l'observa en silence, le temps de reprendre sa respiration, comme si elle avait retenu son souffle jusque là, et contre toute attente, la gifle claqua net sur la joue d'Aaron. Sans un mot de plus, elle partit d'un pas décidé, laissant les deux frères à leur surprise, Aaron, la main sur sa joue brûlante.
_Celle-là, tu ne l'as pas volé, lui fit remarquer son frère avant de partir à la suite de la jeune femme.
Pour la première fois depuis son arrivée, il la trouvait sensée et vraie. Tout en restant digne, elle avait laissé échappé ses sentiments en se montrant faible, quite à montrer ses tors à Aaron. Une femme prête à tout pour le séduire aurait ri de sa bêtise, ou se serait contenté d'esquisser une moue boudeuse pour le faire culpabiliser. Mais pas elle et il était vraiment impressionné. Tranquillement, il la rejoignit dans la chambre qui avait été attribué à leur invitée et par la porte restée ouverte, il la découvrit de dos, en train de remplir à nouveau son sac, posé sur son lit. Doucement, il frappa, mais sans arrêter de faire son sac, elle répondit d'une voix vibrante d'émotion:
_Je suis désolée.
_Vous n'avez aucune raison de l'être: Aaron est vraiment stupide parfois.
_Mais ce n'était pas une raison pour le gifler.
_Je crois que cela ne lui a pas fait de mal, répliqua Nick avec un sourire en coin amusé. En fait, ça faisait un moment qu'on aurait dû lui en coller une et ça nous a souvent démangé, alors vous nous avez vengé en quelque sorte.
_Peut-être, mais je me sens de trop à présent, avoua-t-elle enfin en arrêtant son rangement.
Lentement, elle soupira et après s'être retournée, elle s'assit sur le bord du lit, les yeux baissés.
_Aaron m'a invité ici et pour le remercier, je le gifle.
_Non! Ce n'est pas ainsi que vous devez voir les choses, répliqua Nick en la rejoignant avant de s'asseoir à côté d'elle. Cette gifle, il la méritait vraiment. Parfois, il est encore gamin et à cause de la vie qu'il a eu, il a un peu manqué d'éducation. Vous ne devez surtout pas vous excuser de votre geste, car ce serait comme lui donner raison et pour lui faire comprendre qu'il a mal agi, il faut rester sur vos positions.
_Essayeriez-vous de semer la zizanie entre Aaron et moi, monsieur Carter?, s'enquit-elle en le regardant enfin en face.
Loin de s'attendre à cette question et ce geste, il se perdit quelques secondes dans ses yeux verts, avant de détourner les yeux pour répondre:
_Non, ca n'a rien à voir. Ce n'est pas parce qu'il vous a invité, qu'il doit profiter de sa position pour vous mener à la baguette. Un ami, ce n'est pas ça; ce n'est pas quelqu'un qui s'achète vos faveurs avec des invitations ou des cadeaux, pour ensuite vous utiliser. Et c'est encore moins le comportement d'un petit-ami.
Il lut alors une expression surprise sur le visage de la jeune femme qui recula la tête avant de répliquer:
_Je suis désolée, mais Aaron n'est pas mon petit-ami: c'est juste un très bon ami.
_Vraiment?
Nick s'était brusquement rembruni face à cette révélation: venait-elle d'avouer ne pas avoir les même sentiments que lui portait Aaron? Il n'eut pas le temps d'y réfléchir davantage car elle répliqua:
_Vous a-t-il dit que j'étais sa petite-amie? Si c'est le cas, alors je dois vraiment lui parler, ajouta-t-elle en se levant. Je ne voudrais pas qu'il se fasse des idées.
Elle garda le dos tourné pendant quelques secondes et il en profita pour l'observer en tentant de la percer à jour. Mais alors qu'il la fixait, les sourcils froncés, elle lui fit face et à son expression, elle crut lire dans ses pensées:
_Vous voyez: il faut vraiment que je m'en aille, si ses sentiments prennent ce chemin. En restant, je ne parviendrais qu'à lui monter la tête...
_Non.
_Quoi?
Sans savoir pourquoi, ni comment, il avait parlé sans réfléchir, mais maintenant qu'il ne pouvait faire marche-arrière, il renchérit en essayant de paraître convaincant:
_Non, il ne vous considère pas comme sa petite-amie. En y réfléchissant, j'ai dû m'imaginer... Enfin, il avait l'air tellement content de vous recevoir..., avoua-t-il en se levant et en la rejoignant lentement. En fait, il m'a un peu raconté votre histoire et...
_Oh, alors là, il faut vraiment que je quitte cette maison, annonça-t-elle, le visage empourpré, les yeux baissés, en essayant de le contourner pour revenir à son sac.
Mais ne comprenant pas sa réaction, il s'interposa en la retenant doucement par le bras:
_Pourquoi?
Alors, elle leva vers lui, des yeux brûlants de colère:
_Je ne veux pas de votre pitié: c'est déjà assez honteux comme ça à supporter.
_Je ne vois pas en quoi c'est honteux!, répliqua Nick avec plus de fougue. Encore une fois, ce n'est pas vous la coupable. Que je sache, ce n'est pas vous qui allais voir ailleurs; ce n'est pas vous qui dépensais tout votre argent au jeu; ce n'est pas à cause de vous que vous vous êtes retrouvées endettées et presque à la rue...
Ces énumérations semblaient difficiles à entendre pour elle, car il la voyait secouer la tête et tenter encore de le contourner. Alors, il posa ses mains sur les deux bras de la jeune femme pour l'arrêter devant lui et se pencha pour essayer de capter son regard:
_Et ce n'est pas vous qui vous êtes prostitué pour gagner de l'argent que vous avez ensuite caché à votre conjoint. La seule chose dont vous pouvez vous accuser, c'est d'avoir aimé un homme au point d'être assez aveugle pour ne pas voir celui qu'il était vraiment.
_S'il vous plaît, arrêtez, murmura-t-elle en une prière.
Il l'entendit renifler, passer la main sous son nez et sur ses yeux, alors pris d'une pulsion de tendresse et de douceur, il l'enlaça étroitement et après avoir hésité en restant tendu, elle s'était laissée allée contre lui. Il l'avait senti se détendre en soupirant et avait esquissé un sourire. Ils n'avaient pas parlé, se contentant d'être l'un contre l'autre, jusqu'à ce que la voix moqueuse d'Aaron ne vienne les déranger:
_Et bien, je vois que tu ne perds pas une minute pour venir consoler Aury, bro.
_Je répare les conséquences de tes bêtises sur elle, espèce d'idiot, lui reprocha Nick en s'écartant de la jeune femme.
Bizarrement, il était déçu de l'interruption de son frère et qu'il puisse l'accuser à cet instant d'abuser de la situation, alors qu'il n'avait pas pensé à mal, une seule seconde en la prenant dans ses bras.
_Bon, est-ce qu'on mange bientôt? Les efforts, ça creuse autant que les émotions.
Nick leva les yeux au ciel, de plus en plus agacé par son frère, mais en baissant les yeux vers Aurélie, il découvrit son sourire et son regard amusé qu'elle lui destinait, alors il se détendit en lui répondant de la même façon.
_D'ici une demi-heure environ. Juste le temps que tu donnes un coup de balai dans la salle à manger et que tu mettes la table.
A la tête qu'il fit, les deux jeunes gens durent se retenir pour ne pas éclater de rire.
_Bon, on va laisser notre invitée finir de défaire ses bagages, décréta-t-il en entraînant son frère vers la sortie. Faites comme chez vous, vous êtes la bienvenue, ajouta-t-il en gagnant la porte.
Mais alors qu'il s'apprêtait à sortir à la suite d'Aaron, il se retourna et renchérit:
_Oh! Et j'oubliais: moi, c'est Nick. Monsieur Carter, c'est mon père ou mon grand-père.
Il souligna cette remarque d'un sourire , mais dès qu'il se retrouva dans le couloir, il se demanda ce qu'il lui prenait. Ce qui lui avait pris, plutôt: pourquoi souriait-il comme un abruti qui voulait la séduire? Qu'elle sorte ou non avec Aaron, ce n'était pas une femme pour elle, parce qu'elle avait ou non été trop blessée, parce que c'était ou non une femme vénale. Dans tous les cas, ce n'était pas une femme pour elle: il se laissait attendrir et si c'était la femme qu'il soupçonnait _non celle qu'il espérait_ il tomberait de haut, car elle était très convaincante et séduisante. Même s'il gardait les idées claires et restait sur ses gardes, il pouvait comprendre pourquoi Aaron était tombé dans ses filets. D'un côté, il se disait qu'il devait garder ses distances et éviter la jeune femme le plus possible, mais il avait aussi son frère à protéger et pour cela, il devait approcher Aurélie, la percer à jour...

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Vivi
Posté le: 14/10/2007 13:23:10 Répondre en citant

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En attendant, alors qu'il préparait le déjeuner, il la vit réapparaître au bout de quelques minutes.
_Est-ce que je peux vous être utile à quelque chose?
_Non, merci. Vous êtes notre invitée et...
_Et je n'aime pas rester inactive, le coupa-t-elle avec un sourire malicieux. S'il vous plaît. Je suis même prête à suivre vos ordres à la lettre.
_Dans ce cas, tu peux passer le balai à ma place dans la salle à manger, les interrompit la voix de leur cadet.
_Aaron, lui reprocha son frère avec un regard à l'appui. C'est ton travail, ça.
_C'était juste une suggestion, répliqua l'intéressé en disparaissant dans la pièce adjacente.
_Si vous voulez, vous pouvez m'aider à préparer la salade.
Ainsi, avec une tranquille complicité, debout côte à côte, ils avaient découpé les aliments avant de les ajouter à la salade. Nick l'avait ensuite laissé finir pour aller faire cuir la viande sur le grill à l'extérieure. Là, Aaron l'avait rejoint et s'était tenu quelques secondes en silence, les points sur les hanches:
_Quoi?, lui demanda son frère.
_Je peux savoir à quoi tu joues avec Aury?
_De quoi tu parles?
_Je te trouve un peu trop prévenant avec elle: est-ce que tu chercherais à la séduire?
_Non. Je suis juste poli et accueillant. Tu préfèrerais peut-être que je sois glacial et distant?
_Je veux juste que tu ne lui fasses pas de mal.
_Pour l'instant, le seul à se charger de ça, c'est toi. Avec ta blague idiote, tu l'as complètement choquée.
_Merci, mais j'avais compris avec la gifle qu'elle m'a donné.
_Aaron, il faudrait peut-être que tu réfléchisses avant d'agir.
_C'est ce que je fais avec elle: je cherche à la protéger autant que possible.
_On ne dirait pas. Mais je ne parle pas que d'elle: un jour, tu t'en mordras les doigts, à force de continuer tes conneries.
_Désolé que ça te déplaise, mais je ne suis pas du genre "pantouflard": je préfère nettement vivre la vie à pleines dents.
_Il y a d'autres moyens qu'essayer de se tuer à tout bout de champs.
_Il faut toujours que tu exagères.
_J'essaye juste de t'ouvrir les yeux, Aaron.
_Merci, mais je suis assez grand pour ça, alors arrête de me materner.
Sur ces entrefaits, Aaron avait tourné les talons pour partir s'enfermer dans sa chambre. Avec un soupir las, Nick avait continué ce qu'il faisait avant d'amener la viande à la table qu'Aurélie finissait d'arranger.
_Est-ce qu'il y a un problème?, avait-elle demandé en découvrant la mine contrariée de son hôte.
_Rien de bien méchant: juste une divergence d'opinions. Ca va lui passer. Quand il aura faim, il arrêtera de bouder.
_Nick, je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais... vous n'avez jamais pensé qu'il faisait ça pour se faire remarquer?
_Que voulez-vous dire?
_Sauter du toit, faire des bêtises: c'est un comportement adolescent et la plupart du temps, c'est pour qu'on fasse attention à eux.
_Je ne savais pas que vous aviez passé une thèse en psychologie, ironisa-t-il en l'observant, tout en continuant à manger.
Mais la flèche n'atteint pas son but. Au contraire, un sourire amusé se dessina sur les lèvres de la jeune femme qui poursuivit:
_Vous ne vous êtes jamais dit que, de cette manière, il essayait de se démarquer de vous?
_De moi?
_Oui, de vous et aussi de vos autres frères et soeurs. Quand on est dans une famille nombreuse, il y a toujours une sorte de compétition. Or, vous êtes l'aîné et vous avez très bien réussi: c'est une sacrée pression pour vos successeurs et un sacré challenge pour eux, parce qu'ils veulent aussi bien, voire mieux. Je pense que c'est d'autant plus difficile pour Aaron, car depuis son enfance, il a été comparé à vous, comme s'il était votre sosie en modèle réduit. C'est un garçon, c'est un Carter, le frère de Nick Carter. Vous êtes tous les deux dans la musique et il veut réussir aussi bien que vous, mais il essaye de se démarquer en ne faisant pas le même style de musique.
_Vous m'accusez d'avoir trop bien réussi et de filer des complexes à mes frères et soeurs?
_Non, loin de moi cette idée. C'est une pression qu'il se met tout seul et c'est pourquoi il prend d'autant plus mal les choses, quand vous lui faites un reproche. Si vous et votre avis ne comptiez pas pour lui, il ne le prendrait pas si mal.
Surpris par son raisonnement, il bascula contre le dossier de son siège et un verre d'eau à la main, il la fixa intensément en demandant:
_Autre chose?
_Vous êtes l'aîné de la famille et vous cherchez à protéger vos frères et soeurs, ce qui est normal. Avec Aaron, ça se voit beaucoup justement parce que vous êtes les deux seuls garçons. C'est votre petit-frère, mais vous devez aussi considérer que c'est aussi un homme. Il est fier et quand vous le rabrouer comme un enfant, sa fierté en prend un coup.
_Il n'a qu'à pas agir comme un gamin.
_Vous devez comprendre qu'il vit sa vie, bien ou mal, mais si vous êtes toujours derrière lui pour le rattraper, il ne comprendra pas ses erreurs. Parfois, il faut se faire mal pour être plus prudent et éviter de retomber. Le principal n'est pas vraiment que vous ne soyez pas là pour le rattraper: ce qui compte, c'est que vous soyez là pour l'aider à se relever.
_Je vois. Alors, vous me conseillez d'être un peu moins sur son dos et de le laisser faire ses propres expériences, bonnes ou mauvaises? C'est bien cela, mon cher docteur?
La façon à la fois sensuelle, incisive et ironique dont il prononça ces derniers mots, firent baisser les yeux à la jeune femme, dont les joues s'étaient empourprées.
_Je suis désolée: je ne voulais pas aller trop loin.
_Je suppose que pour affirmer tout cela, c'est que mon frère vous a beaucoup parlé?, demanda-t-il d'une voix un peu plus douce et pleine de regrets.
_Il m'a parlé de ses rêves, de ses projets, de sa fierté d'être votre frère et de toute son admiration pour vous. Après, il me suffit de vous avoir observer tous les deux pour faire le lien.
_Très bien. Alors... que me conseillez-vous? Honnêtement, ajouta-t-il en se penchant en avant et en s'appuyant sur la table.

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Vivi
Posté le: 14/10/2007 13:24:16 Répondre en citant

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Il voulait lui montrer qu'il n'y avait plus de moquerie dans ses propos et qu'il voulait vraiment connaître son avis. Bizarrement, le fait qu'il la prenne davantage au sérieux, sembla la rendre un peu plus mal à l'aise et les yeux timidement baissés vers son assiette, tout en jouant nerveusement du bout de sa fourchette avec une feuille de salade, elle répondit:
_Même s'il a des comportements plus enfantins comme le fait d'aller bouder, je pense que vous ne devez pas relever: ce serait le rabaisser à ses yeux. Je pense que vous devriez mettre davantage ses qualités en avant.
_Mais c'est déjà ce que je fais: je suis extrêmement fier de lui et je me tue à le lui dire chaque fois que je le peux. Mais quand il fait des erreurs, il faut quand-même que je sois là pour le lui signaler: il a encore besoin d'être éduqué, guidé.
_Bien sûr, mais dites-le lui une fois. Ce n'est plus un enfant: il n'a pas besoin qu'on lui répète les choses pour qu'il les apprenne comme un robot. Laissez-le prendre les choses que vous lui dites et les mettre à sa sauce. Il est plus fort que vous l'imaginez. Laissez-le juste vous surprendre. Donnez-lui une chance de vous surprendre. Il doit trouver ses intérêts dans chaque chose pour comprendre que c'est important. Il faut qu'il apprenne à réfléchir davantage avant d'agir.
_Ca, c'est sûr. J'ai beau le lui dire...
_Alors arrêtez!, l'interrompit-elle avec un doux sourire. Il est intelligent; il finira par le comprendre tout seul.
_Ok, je vois... Je n'ai plus le droit de rien dire.
_Non, je veux juste dire que vous devez apprendre à vous comporter avec lui, comme avec un homme de votre âge. Voyez-le comme votre égal.
_Impossible.
_Nick...
_Ne vous méprenez pas: je ne peux m'empêcher de le voir à des années lumières au dessus de moi, avoua-t-il avec un sourire tendre et malicieux. C'est pour ça que j'essaye de le bousculer: pour qu'il se prenne en main et atteigne les sommets qui lui sont destinés. Je sais de quoi il est capable et ça m'énerve de le voir rester à faire ses conneries de gamin.
_Mais c'est encore un gamin: il a seulement 20 ans. Il n'a pas envie de grandir trop vite, parce qu'il connaît déjà les réalités et les obligations qui l'attendent. Il prend son temps, mais quand on lui aura fait miroiter les bonnes choses qui l'attendent vraiment, on ne pourra plus l'arrêter.
_"On"?, suggéra Nick en haussant un sourcil aussi moqueur que son sourire.
_Les bonnes personnes, les producteurs, les professionnels de la musique, les personnes qui croient vraiment en lui.
_Vous vous incluez dans le lot?
_Bien sûr. Votre frère est plein d'énergie, mais c'est quelque chose qu'il doit apprendre à canaliser s'il veut perdurer. C'est une question d'endurance.
_Ma parole, je vais vraiment finir par croire que vous avez des diplômes en psychologie!, répliqua Nick en écarquillant les yeux.
_Non, c'est juste que... je suis très observatrice et j'ai tendance à essayer de lire à travers les gens.
_Très bien, et que lisez-vous en moi, quand vous m'observez?, la taquina-t-il d'une voix suave en se rapprochant d'elle.
Aussitôt, le malaise apparut sur le visage d'Aurélie qui s'empourpra en détournant les yeux.
_Je... je ne sais pas. Vous... vous êtes très gentil et...
_Allons, Aury... Je suis sûr que vous pouvez faire mieux, mon cher docteur.
_Je ne vous connais pas assez bien pour avoir déjà un jugement assez profond sur vous, répondit timidement Aurélie avant de boire de l'eau.
_Mais je n'attends que ça, qu'on se connaisse mieux et que notre relation soit plus profonde, répliqua-t-il d'une voix grave et extrêmement sensuelle, toujours aussi amusé par la situation.
Contre toute attente, elle avala de travers et toussa, tandis qu'il se levait pour lui taper dans le dos.
_Je suis désolé, s'excusa-t-il en riant. Je ne voulais pas profiter de la situation, mais vous m'avez tendu une perche, mon cher docteur.
_Dans ce cas, vous me rassurez: j'ai bien que cru que vous étiez un pervers à l'humour plus que douteux, rétorqua-t-elle quelque peu vexée.
Mais il se pencha alors vers elle et toujours dans son dos, il murmura au creux de son oreille:
_Je suis bon pour la camisole de force alors: c'est d'accord, mais seulement si c'est vous qui m'attachez.
Aussitôt, elle tourna la tête vers lui et il dut affronter son regard vert. Il eut alors l'impression de voir un aigle fondre sur lui, mais avant qu'elle ne le détourne, il put lire la colère qui bouillait en elle et sourit de plus belle.
_Dommage qu'il n'y ait pas de bouteille de vin sur la table. J'aurais ainsi pu mettre votre état sur le compte de l'alcool.
_Désolé, il s'agit bel et bien de mon état naturel, mon bon docteur, s'exclama-t-il en retournant s'asseoir avant d'avaler une nouvelle fourchette de salade, sans quitter la jeune femme des yeux.
Il la fixait en mâchant et finalement, Aurélie s'enquit:
_Est-ce que j'ai quelque chose sur la figure?
_Non, je réfléchissais. C'est drôle, mais il ne me semblait pas avoir mis des piments dans la salade.
_Nous n'en avons pas mis. Pourquoi?, s'enquit-elle en fronçant les sourcils.
Mais presque immédiatement, il lut dans ses yeux qu'elle regrettait d'avoir posé la question. Un nouveau sourire en coin apparut lentement sur les lèvres du jeune homme qui répondit:
_Parce que j'aurais pu mettre votre état sur le compte des piments.
Aussitôt, elle détourna les yeux quelques secondes et quand il les affronta à nouveau, il sut qu'elle était prête à livrer bataille. Il ne fut d'ailleurs pas déçu:
_Et dans quel état suis-je?
_Ma chère, vous rougissez comme sous le coup d'un incendie et vous semblez nerveuse, quand je vous observe d'un peu trop près.
_Et que voyez-vous, quand vous m'observez, monsieur Carter?
_Je me dis que je ne vous connais pas assez et je crois qu'il va me falloir encore un peu de temps pour "approfondir notre relation".
_Non, je ne crois pas, rétorqua-t-elle à la grande surprise de son interlocuteur.
_Vraiment?
_Non, je crois qu'il va vous falloir encore "beaucoup" de temps avant "d'approfondir notre relation". Alors, j'espère pour vous que vous avez tout autant de temps à perdre.
Sur ce, elle découpa un morceau de viande qu'elle engloutit avec fougue, tandis que Nick éclatait d'un rire tonitruant. Finalement, lorsque l'orage fut passé, elle succomba à ce rire qui la contamina et la complicité reprit ses droits. Ils étaient encore en train d'en rire, lorsqu'Aaron avait refait surface. Ils avaient évités les sujets qui fâchent, comme si de rien était.

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Nanou
Posté le: 20/10/2007 13:21:50 Répondre en citant

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Chouette début. Mais tu nous laisses sur notre faim! Vivement la suite!

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Vivi
Posté le: 25/10/2007 20:24:24 Répondre en citant

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L'après-midi s'annonçait sous de meilleurs hospices et ce fut un peu à contrecoeur qu'il dut s'absenter de la maison, pour des raisons professionnelles. A son retour, quelques heures plus tard, le calme et le silence semblaient régner dans la maison, mais à l'extérieure, il y avait de l'agitation. Normal quand Aaron était là. En approchant d'une fenêtre, il l'aperçut en train de jouer avec Aurélie dans la piscine. Il se détourna comme si ce spectacle lui était insoutenable, mais même s'il n'avait plus l'image sous les yeux, leurs cris et leurs rires remontaient jusqu'à lui. Il n'avait pas le choix: il devait bien descendre à un moment ou un autre. Ou alors, il pouvait sortir de chez lui et revenir plus tard, mais ils seraient toujours là, ensemble, et il ne trouverait pas la paix pour autant. Avec un soupir, il s'était donc résigné à les affronter et après être allé se chercher une bière à la cuisine, il passa sur le balcon pour arriver juste au dessus de la piscine. Il osait à peine regarder par dessus la rambarde et pourtant, que craignait-il? Aurélie lui avait assuré qu'elle n'était pas la petite-amie d'Aaron et il avait envie de la croire, alors normalement, il n'allait pas les trouver en plein ébat aquatique. Non, mais leur complicité lui faisait mal, parce qu'il avait envie d'être à la place de son frère. C'était sans doute la première fois que cela lui arrivait: il enviait Aaron, il en était jaloux. C'était fou et idiot, parce qu'Aury était arrivée depuis seulement quelques heures, mais son amitié était si rafraîchissante, qu'il s'en trouvait séduit. Il adorait la taquiner, la provoquer, mais aussi l'écouter et qu'elle le conseille. Il adorait la voir rougir ou en colère, quand ses yeux étincelaient d'émeraudes flamboyantes... Non, décidément, rester pour l'instant à la maison était trop dangereux. Il serait peut-être même préférable qu'il rentre chez lui avant de revenir dans une semaine, quand elle serait repartie. Sans jeter ce regard qui l'aurait achevé, il tourna les talons et s'arrêta net: elle était là, dans un fauteuil, plongée dans la lecture d'un roman. Un moment, il eut même l'impression qu'elle ne l'avait pas entendu, jusqu'à ce que son regard ait pesé trop lourd sur elle. Elle lui sourit et il se figea de bêtises, de trouble et de surprise.
_Je... je vous croyais avec Aaron.
_Non, c'est Claudia, une de ses amies.
_Pourquoi n'êtes-vous pas restés avec eux?
_Il fait trop chaud pour moi au soleil. Je préfère lire au frais et laisser les jeunes avec les jeunes.
Son sourire en coin était aussi attirant que la malice dans ses yeux. Il décida alors de rentrer dans son jeu et de répondre d'un air innocent en s'adossant à la rambarde.
_Parce que vous nous considérez comme des "vieux", vous et moi?
_Non, mais disons que nous sommes plus mâtures.
Ils s'étaient regardés en silence, mais leurs yeux semblaient parler pour eux. Ils continuèrent à se sourire jusqu'à ce qu'un malaise se crée. Finalement, le jeune homme répliqua:
_Je vous dérange sûrement: je vais vous laisser à votre lecture.
_Oh non! Vous pouvez rester: je ne suis pas contre un peu de compagnie et ça fait au moins un quart d'heure que je lisais la même ligne sans la comprendre.
_Alors... vous m'avez vu arriver devant vous? Pourquoi n'avoir rien dit?
Le sourire d'Aury s'étira encore, avant qu'elle ne réponde:
_Pour pouvoir vous observer, monsieur Carter. Avez-vous oublié que je dois vous faire un rapport? "Psychologique", bien sûr.
Elle entrait à nouveau dans un défi qu'il était prêt à relever et ne se fit pas prier pour lui répondre:
_Non, je n'ai pas oublié. J'ai même hâte de l'entendre.
A nouveau, elle ne put s'empêcher de rougir. Paisiblement, ils avaient parlé de tout et de rien jusqu'à ce qu'Aaron et son amie les rejoignent finalement.
_Bon, ma petite Aury, va vite te préparer.
_Pourquoi? On sort?
_Oui. on va retrouver des potes à moi et se faire une bouffe dans un resto.
La jeune femme jeta alors un bref coup d'oeil à Nick, avant de se lever.
_Je t'aurais bien proposé de venir, mais je pense que tu as autre chose à faire? Et puis, de toute façon, tu t'ennuyerais.
_Merci de ta solicitude, ironisa son aîné, mais tu ne penses pas que tu aurais pu en parler à Aury avant?
_Pourquoi? Elle ne va quand-même pas rester enfermée ici toute la semaine.
Nick ne trouva rien à redire et préféra ne pas insister. Il n'avait aucune envie de provoquer une nouvelle dispute avec son frère. De son côté, Aaron était parti dans sa chambre avec sa nouvelle amie, pour se préparer avec son "aide". Pendant ce temps, Nick errait dans la maison à chercher ce qu'il allait faire de sa soirée. Il était en train de donner à manger aux chiens, lorsqu'un bruit de talons se fit entendre. Aussitôt, il se retourna et découvrit Aury dans une fine robe chocolat à bretelles. Le décolleté légèrement plongeant était aussi raisonnable que la longueur de la tenue qui lui arrivait aux genoux. Maquillée et avec des chaussures adéquates, il la trouvait divine. Elle lui sourit et renchérit:
_On dirait que je suis la première.
_C'est souvent le cas, quand on se mesure à Aaron. Il faut avoir une patience à toute épreuve.
Un "rugissement" sortit du ventre de la jeune femme qui rougit en souriant, aussitôt imité par son hôte:
_Vous voulez grignoter quelque chose en attendant? Mon cher frère ne sera sûrement pas prêt de si tôt.
_Avec plaisir, oui. Je meurs déjà de faim.
Avec galanterie, il lui prépara un léger sandwich, que d'un commun accord, ils se partagèrent. Avec le sourire, ils s'observaient, tout en mangeant et au bout de quelques secondes, la jeune femme prit la parole:
_Vous êtes sûr de ne pas vouloir nous accompagner?
_Ok, ça y est! Je suis prêt!, les interrompit-on, alors que son aîné allait répondre. Bon, je sais, je ne suis pas en avance, mais ça valait le coup d'attendre, non?, renchérit Aaron, les bras en croix.
Evidemment, il avait le dernier jean, le tee-shirt et la veste à la mode, surplombés par une chaîne en or. Aurélie lui porta un sourire indulgent et tendre, avant de se tourner à nouveau vers Nick. Aussitôt, le frère de ce dernier le remarqua et fit de même en demandant:
_On a loupé quelque chose?
_Non. Je souhaitais juste une bonne soirée à Aurélie.
_Cool! Bon, allez, c'est parti. A demain, mon vieux. Eclate-toi bien.
Il n'y avait pas d'ironie dans les propos de son frère, pourtant il avait l'impression qu'une fois de plus, le jeune Carter cherchait à prendre le dessus sur lui. Il ne répondit rien et se contenta de les regarder partir, non sans répondre au signe de la main d'Aurélie. Elle n'avait pas l'air totalement enchantée à l'idée de passer cette soirée avec les amis d'Aaron, qu'elle ne connaissait pas. En fait, elle avait l'air aussi ravie que lui. Comme il sentait qu'il allait devenir fou en restant seul dans cette grande maison, il appela des amis et leur donna rendez-vous dans un bar. Il essaya de se changer les idées, de rire et même de draguer, mais bizarrement, il n'avait pas le moral. Ses amis essayèrent de lui tirer les verres du nez.
_Allez, vieux, dis-nous ce qui ne va pas. Est-ce que tu veux nous en parler? Ca se passe mal avec ton frère?
_Plus ou moins, mais je commence à être habitué.
Alors, contre toute attente, après un regard échangé, ses amis poussèrent une exclamation qui se termina par un éclat de rire:
_Il s'agit d'une fille!
_Quoi?
_Allez, vas-y: crache le morceau: t'as craqué sur une fille!
_Ca va pas? N'importe quoi, les gars.
_Premier étape: le déni.
_Arrêtez, vous me faites quoi là?
_Et toi? D'habitude, t'es le premier à aller vers les filles qui te branchent.
_Mais celle-là ne me convient pas. Elle n'est pas pour moi.
_Mais elle t'intéresse et c'est tout ce qui compte, alors qu'est-ce que t'attend? Va l'appeler!
_Je ne peux pas, marmonna-t-il.
_De quoi tu as peur?
_De rien, mais je n'ai pas son numéro et elle est sortie de toute façon.
Il voulait la paix, alors il leur avait résumé la situation. Et puis, il s'était finalement décidé à rentrer. Il n'était pas vraiment tard, mais bon...
Mais en descendant de sa voiture garée dans la cour devant la maison, il entendit une musique assourdissante: aucun doute, son frère était bien là. De l'extérieure, la musique était vraiment forte, mais ce n'était rien en comparaison de l'intérieure. Dès qu'il fut entré, il hurla le prénom de son cadet, sans obtenir la moindre réponse évidemment. Sous le coup d'une colère grandissante, il alla éteindre la musique dans la chambre de son frère et eut un léger sursaut en entendant dans son dos:
_Je suis désolée, mais tout est de ma faute.
Pas besoin de se retourner pour savoir de qui il s'agissait, mais il ne put s'en empêcher, pour le plaisir de la voir.
_J'ai dit à Aaron que je préférais rentrer après le dîner et lui et ses amis ont décidé de rester faire la fête, pour ne pas me laisser seule. J'ai essayé de leur dire que ça ne me gênait pas, mais...
_Ne vous excusez pas: ce n'est pas le fait qu'il ait débarqué avec ses potes, qui me gêne.
_Ah non?! Alors pourquoi tu te permets de couper ma musique?, les interrompit un Aaron, furieux. Depuis toujours, tu m'étouffes, tu m'empêches de vivre! J'en ai vraiment marre! Tout cela parce que tu es Nick Carter! Tu es riche! Tu as réussi! Tu as toutes les filles que tu veux, même mes amies!
_Non!, s'insurgea Aurélie, le visage en feu.
_Tu dis n'importe quoi!, renchérit son aîné. Je ne t'ai rien volé, Aaron, et surtout pas tes amis. Si j'ai éteint ta musique, c'est parce qu'elle était trop forte: je te signale qu'on a des voisins...
_Ce n'est qu'une excuse.
_Aaron, je t'assure qu'il n'y a rien entre ton frère et moi. Et s'il a éteint la musique, c'est juste parce que... parce qu'il a vu que j'étais fatiguée... et il n'entendait pas ce que je disais.
_Tu ne sais pas mentir, Aury, rugit tout bas le jeune chanteur avec un regard noir.
_Ne t'en prends pas à elle: le seul fautif, c'est toi. Est-ce que tu lui as une seule fois demandé son avis, ce soir? Est-ce que tu lui as demandé ce qu'elle voulait? Tu as respecté ses souhaits?
_S'il vous plaît, Nick, n'insistez pas, s'interposa-t-elle à nouveau, en se tournant cette fois vers l'intéressé et en posant une main sur son torse pour l'empêcher d'avancer vers son frère.
Elle lisait son regard furieux fixé sur son cadet, mais il semblait s'interdire de baisser les yeux vers elle comme pour refuser de retrouver la raison. Les deux frères s'affrontaient et ne la voyaient même plus, ne l'entendaient plus. Alors, contre toute attente, elle utilisa la seule arme en sa possession.
_J'en ai plus qu'assez!, hurla-t-elle comme une hystérique. J'en ai assez des hommes qui se croient tout permis et qui me rabaissent en me prenant pour une pauvre petite chose. Vous agissez tous les deux comme si vous teniez un peu à moi, mais tout ce qui compte pour vous, c'est de vous quereller et je ne suis qu'une excuse de plus pour vous. Alors, soit vous arrêtez, soit je m'en vais!
Les deux frères la regardaient, incrédules, comme si elle était devenue folle, mais comme ils ne réagissaient toujours pas, elle sortit d'un pas décidé en claquant violemment la porte de la chambre.
_Qu'est-ce qui lui prend? Tu crois qu'elle est sérieuse?, s'enquit Aaron, ébahi.
Nick observa la porte en silence pendant quelques secondes en essayant de la cerner.
_Je ne sais pas, mais il est probable qu'elle soit effectivement fatiguée de nous voir nous battre.
_Alors, que doit-on faire? Je n'ai aucune envie de perdre son amitié.
_On devrait sans doute lui laisser la nuit pour réfléchir.
_Ok, alors on va aller faire la fête ailleurs.
_Tu vas ressortir et la laisser "toute seule"?
_Elle n'est pas toute seule: tu es là, toi.
_Tu me la confierais?, s'enquit Nick avec malice, en croisant les bras sur son torse.
_Et bien, si j'avais vraiment quelqu'un de confiance sous la main, je serais un peu plus rassuré, mais comme il n'y a que toi..., plaisanta son frère avec un sourire.
Aussitôt, il reçut une légère tape sur le sommet de son crâne avant que son frère ne le prenne dans ses bras.
_Allez, file, espèce de p'tit con!, le poussa-t-il vers la sortie de sa chambre.
_T'es si pressé que ça d'être seul avec elle, ma parole!
_Ne t'inquiète pas: dans l'état actuel des choses, je ne compte pas aller la déranger. J'aurais trop peur qu'elle m'explose à la figure.
_Tu sais, c'est drôle qu'elle ait réagi comme ça, parce que ce n'est pas du tout dans sa nature.
Cette remarque de son frère le fit longtemps réfléchir et le fait d'être seul dans la maison avec Aury, le tînt longtemps éveillé. Il aurait voulu aller frapper à sa porte, pour s'assurer que tout allait bien, pour la calmer, parler avec elle avant de lui souhaiter "bonne nuit" en l'embrassant. Cela aurait été un bon moyen de la tester... Mais il était trop tard maintenant et non sans difficultés, il parvînt à s'endormir avec ses regrets.

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Vivi
Posté le: 25/10/2007 20:25:27 Répondre en citant

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_Bon sang! Qu'est-ce que c'est que ce b*****?!, rugit-il en se réveillant en sursaut.
Une musique assourdissante explosait dans toute la maison et d'un regard embrûmé, il jeta un oeil à son réveil: 3h39. Mais pas besoin d'aller très loin pour connaître la source de ce grabuge.
_Pourquoi je pose la question?, soupira-t-il.
Une chose était sûre: il ne pourrait pas dormir avec tout ce bruit. Il en avait plus qu'assez des agissements et du sans-gêne de son frère, et il comptait bien le lui faire savoir avant que la police ne vienne les déranger. Mais avant, il valait mieux qu'il se calme. Un peu d'air frais ne lui ferait sans doute pas de mal. Dans le couloir, la musique était insoutenable et il entendait les voix de son frère et de ses amis par la porte ouverte de la chambre d'Aaron. Après une brève hésitation, il se décida à y rentrer:
_Aaron! Il est à peine 4h du matin et il y a des gens qui dorment à cette heure-là.
_Nick! Je suis en train de bosser là!
_Dans ce cas, travaille en baissant le son, s'il te plaît, parce qu'ici, tu n'es pas tout seul à vivre!
Comme il sentait qu'il allait monter les échelons de la colère et s'emporter, il prit une profonde inspiration avant de renchérir:
_Ecoute, je sais que tu préfères bosser la nuit, mais tu vis ici avec des personnes qui n'ont pas le même rythme de vie. Alors, si tu veux travailler maintenant, d'accord, mais baisse le son. C'est tout ce que je te demande: si tu ne le fais pas pour moi, fais-le au moins pour Aurélie qui a besoin de se reposer.
Cet argument sembla convaincre le jeune homme qui acquiesça finalement, au grand soulagement de son frère. Bien que le son soit encore assez fort pour être entendu, il était plus raisonnable. Pas tout à fait réveillé, mais pas fatigué non plus, il était allé chercher un verre de lait dans la cuisine avant de sortir sur le balcon. Maintenant qu'il était réveillé, il n'était pas certain de pouvoir retrouver le sommeil. Pas à cause d'Aaron, ses amis et sa musique: il n'avait qu'une chose à l'esprit, ou plutôt, une personne.
Une main dans la poche de son jogging, il respira profondément en admirant la vue d'un Los Angeles illuminé.
_Je vous ai entendu lui parler, s'exclama une voix tranquille derrière lui.
En se retournant, il vit Aurélie sortir de l'ombre, un verre à la main, et il fit à nouveau face à la vue en esquissant un sourire ravi.
_Apparemment, j'ai bien dit ce qu'il fallait, non? Qu'en dites-vous, mon cher docteur?
_Vous n'avez pas besoin de mon avis pour le savoir. Il suffit de constater qu'il a baissé le volume.
Elle but une gorgée avant de faire remarquer:
_Malgré cela, vous n'arrivez pas à dormir?
_Vous non plus.
_J'avais... soif.
Le sourire qu'il vit sur ses lèvres le poussa à ajouter:
_Je commence à me dire qu'Aaron n'avait peut-être pas tors.
_A quel sujet?
_Quand il dit que ce n'est pas dans votre nature d'exploser comme vous l'avez fait tout à l'heure. J'y ai beaucoup réfléchi et je me dis de plus en plus que ce n'était qu'un stratagème pour qu'on arrête de se disputer, Aaron et moi. Est-ce que j'ai tors?
Elle ne répondit pas, mais à son sourire qui s'élargit encore, il devina la réponse.
_J'aurais dû m'en douter. Vous savez peut-être mieux mentir qu'Aaron ne le pensait, ou du moins, vous savez assez bien jouer la comédie.
_Je ne sais pas vraiment si je dois le prendre comme un compliment.
_En tout cas, votre intervention est toute à votre honneur. Sans cela, notre dispute aurait sûrement encore dégénéré.
_Peut-être que non. Après tout, vous semblez vous débrouiller de mieux en mieux avec lui.
_Je ne sais pas. C'était peut-être une exception?
_Ou un bon début? Nick, vous ne devez pas avoir peur de passer du temps avec votre frère.
_Est-ce que j'en ai l'air?
_Plus ou moins. La plupart du temps, quand vous vous voyez tous les deux, j'ai l'impression que c'est pour vous battre.
_C'est aussi l'impression que j'ai, soupira-t-il tristement. Je voudrais tellement que ça change, mais... quoi que je fasse, j'ai l'impression de tout faire de travers, avoua-t-il comme pour lui-même avant de se tourner vers elle pour demander avec sérieux, le visage grave. Que me conseillez-vous?
Apparemment, elle fut assez surprise par le ton sérieux qu'il aborda. D'ailleurs, elle demanda:
_Vous vous moquez encore de moi, n'est-ce-pas?
_Non. Je veux vraiment connaître votre avis et vos conseils. Sincèrement.
Malgré l'obscurité, elle pouvait lire dans ses yeux qu'il voulait vraiment savoir. Alors, après s'être un peu plus concentrée pour chercher les bonnes réponses, elle répondit:
_Je pense que vous devez continuer à faire des efforts. Comme lui doit apprendre à mûrir, vous devez apprendre à gérer ses caprices et ses réactions infantiles.
Sa façon de parler le fit sourire, mais elle n'avait pas tors. Il ne la connaissait que depuis quelques heures, mais quand il s'agissait de juger la situation, elle tapait juste à chaque fois. Le silence qui régna ensuite, donna une toute autre atmosphère, et comme par enchantement, la chanson qu'Aaron diffusa, était une balade romantique. L'un comme l'autre se sentirent mal à l'aise, si bien qu'Aurélie vida son verre avant de répliquer:
_Je vais retourner me coucher maintenant. Bonne nuit, Nick.
_Attendez, l'arrêta-t-il en la retenant par le bras.
En lisant les interrogations dans son regard, son sourire s'élargit et il répliqua avec tendresse:
_Il vous reste de la moustache.
Il lui montra sur sa propre bouche avant de la voir tenter d'effacer les traces du bout de la langue.
_Ca y est?
Amusé, il secoua la tête avant de glisser la main sur sa joue et délicatement, il essuya du pouce les restes de lait. Il gardait les yeux rivés, hypnotisé par la douceur de cette bouche qui l'attirait encore et encore. Très lentement, il se pencha vers elle, mais alors que leurs souffles se mélangeaient et que leurs bouches s'aspiraient, des voix firent leur intrusion et les ramenèrent aussitôt sur terre où ils s'écartèrent l'un de l'autre. Aussitôt, Aurélie s'essuya la bouche du dos de la main sans oser le regarder en face et annonça précipitamment:
_Il faut vraiment que j'y aille. Bonne nuit, Nick.
Et sans attendre une réponse de sa part, elle détala comme un lapin.
_Faites de beaux rêves, murmura-t-il dans la brise nocturne, avec l'espoir de voir s'envoler ses regrets.
Mais en retournant à son tour se coucher, il ne put trouver la paix, ni le sommeil. Il repensait sans cesse à la douceur de ses lèvres, à son regard innocent levé vers lui et leur simple souvenir le rendait fou. Il était furieux d'être aussi sensible à la jeune femme: il la connaissait à peine, mais elle était déjà capable de manipuler son esprit. En fait, elle l'accaparait plutôt. Alors, ce fut non sans soulagement qu'il accueillit le lever du soleil. Il avait profité de son insomnie pour travailler sur un texte: autant que cela serve à quelque chose. Il était tellement concentré qu'il ne vit pas les heures passer, mais au bout d'un moment, la faim le tira hors de sa chambre. Il marchait dans le couloir, perdu dans ses pensées créatives, quand il perçut des coups frappés à une porte et une voix douce:
_Aaron?! Aaron, c'est Aury! S'il te plaît, ouvre-moi.
Au bout de beaucoup d'efforts et de patience, la porte s'ouvrit sur le jeune homme, visiblement à peine réveillé.
_Qu'est-ce qu'il y a? Aury, chui crevé: j'ai bossé toute la nuit et...
_Je sais, mais tu m'avais dit que tu m'accompagnerais au marché.
_Hein?
_On en a parlé, hier soir: je t'ai dit que je voulais faire le dîner, ce soir et que je devais aller au marché, et tu m'as proposé de m'y emmener.
Il fronça les sourcils, comme s'il faisait un effort surhumain, avant de répondre:
_Ah ouais, c'est vrai. Bon... Laisse-moi juste une minute pour m'habiller.
Sur ce, il lui referma la porte au nez, à la surprise de la jeune femme. Elle avait l'air aussi fraîche qu'une rose: de toute évidence, elle avait trouvé le sommeil, après l'épisode nocturne. Se pouvait-il qu'il se soit trompé? Se pouvait-il qu'il ait été le seul à être troublé? Il voulait en avoir le coeur net et il voulait être avec elle, alors sans attendre une seconde de plus, il s'était dirigé vers elle en arborant un sourire déjà redoutable.
_Je crois que vous attendez pour rien: il s'est déjà sûrement recouché et endormi.
_Il m'a dit qu'il en avait pour cinq minutes.
_Si vous ne me croyez pas, ouvrez la porte et vérifiez par vous-même.
_Je... je ne peux pas: il doit être en train de s'habiller et...
_Ok, alors je le ferais moi-même.
Quand il s'approcha de la porte, elle s'écarta comme si elle craignait quelque chose de lui. Il fit comme s'il ne remarqua rien et ouvrit la porte de son frère avant de sourire et de s'effacer devant elle. Lentement, avec précautions, elle avança dans la pièce et découvrit Aaron allongé dans son lit et visiblement profondément endormi sous ses couettes, s'ils en jugaient par ses légers ronflements.
_Qu'est-ce que je vous disais!, lança-t-il en se tournant vers elle, victorieux.
Mal à l'aise, la jeune femme se retira et commença à marcher dans le couloir, perdue dans sa réflexion. Mais Nick, lui, ne comptait pas s'arrêter là.
_Je peux vous accompagner, si vous voulez?, avait-il suggéré.
Aussitôt, Aurélie s'était arrêtée et retournée pour s'enquérir:
_Pardon?
_J'ai entendu votre conversation avec Aaron et comme il n'est pas... "disponible", je vous propose de le remplacer.
_Je ne voudrais pas vous déranger. Je peux...
_Ca ne me dérange pas: il faut bien que quelqu'un joue les hôtes de qualité et rattrape les bêtises d'Aaron, or je suis le seul en magasin. Désolé.
Il avait essayé de plaisanter, mais la jeune femme craignit de l'avoir offensé.
_Vous n'avez pas à l'être: je serais ravie que vous m'accompagniez. Je veux dire... enfin... ce serait plus agréable de me balader avec quelqu'un.
Le malaise de leur invitée le fit sourire, alors que ses propos le rassuraient un peu plus:
_Ok, alors j'en ai juste pour cinq minutes.
Mais alors qu'il tournait à peine les talons, il entendit la jeune femme s'enquérir d'une voix malicieuse:
_Comment puis-je être certaine que vous n'allez pas vous recoucher et vous rendormir, vous aussi?
Son esprit et sa répartie ne faisant qu'un tour, son sourire s'élargit et il se retourna. Lentement, la tête baissée et une expression perplexe sur son visage, il avança jusqu'à elle et garda le silence encore quelques secondes avant de répliquer:
_C'est vrai... Réfléchissons... Je sais!, annonça-t-il en relevant la tête.
Et en un instant, son sourire en coin refit surface, tandis que la malice pailleta son regard:
_Vous pourriez m'accompagner dans ma chambre?
Il avait parlé à voix basse et il eut le plaisir de la voir rougir et retenir son souffle. Les yeux grands ouverts, ébahie, elle le regardait comme s'il était devenu fou en une seconde. Alors, il profita de sa surprise pour faire encore un pas vers elle. Dans un souffle, il glissa sa main sur la joue d'Aury, comme il l'avait fait la nuit passée et les même envies l'envahirent. Il passa doucement le pouce sur la bouche de la jeune femme avant d'ajouter avec sérieux, d'une voix grave et légèrement rauque:
_Je ne vous laisserais pas tomber.
Elle était tendue et il aurait voulu lui voler ses inquiètudes avec un baiser, mais elle ne lui en laissa pas le temps. Sans le quitter des yeux, elle recula et répliqua nerveusement:
_Je vais vous attendre dehors.
Elle se retourna ensuite et si elle l'avait pu dignement, elle serait partie en courant. Il la suivit des yeux jusqu'à ce que la lourde porte d'entrée se soit refermée sur elle. Mais alors qu'il rejoignait rapidement sa chambre pour se préparer, il se posa maintes questions: pourquoi réagissait-elle ainsi? Que craignait-elle? Il ne faisait rien de mal: il ne lui voulait que du bien, mais dès qu'il approchait un peu trop d'elle, elle semblait prendre peur. Il en venait à douter qu'elle ne soit pas attirée, mais il ne pouvait le croire vraiment. La façon dont elle le regardait et sa "paralysie" lorsqu'il la touchait, lui faisait miroiter qu'elle attendait plus venant de lui. Cette fille l'intriguait autant qu'elle l'attirait: il aurait voulu en savoir davantage sur son histoire, mais il ne pouvait demander plus d'informations à Aaron au risque de déclencher une nouvelle dispute. Et puis, il aurait voulu l'entendre dans la bouche d'Aurélie.

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Trinity
Posté le: 26/10/2007 12:06:28 Répondre en citant

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C'est trop trop trop beau!!!!

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Nanou
Posté le: 26/10/2007 19:02:31 Répondre en citant

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Les choses se compliquent, on dirait...
J'espère pouvoir lire bientôt la suite!

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Vivi
Posté le: 28/10/2007 13:03:03 Répondre en citant

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Il avait mis un peu plus de cinq minutes pour se préparer, mais face au sourire penaud qu'il lui donna pour excuse, elle prit un air attendri et le lui rendit. Soulagée, il tendit le bras pour la diriger vers sa voiture. Il était nerveux d'être seul avec elle, mais il avait rêvé de ce moment simple. Une fois en route, tout en regardant la route, il ne manqua pas de surprendre la façon dont elle l'observait:
_C'est pour votre étude?, la taquina-t-il.
_Quoi?, s'enquit-elle d'une voix légèrement suraiguë, d'être prise sur le fait.
_Que vous me regardez comme ça? Vous étudiez ma façon de conduire pour voir si je suis "bon conducteur"?
_Oui, je... je...
Elle était adorable et il éclata de rire, ce qui la rendit encore plus mal à l'aise. Elle le foudroya d'un regard noir, qui rejouit encore plus le jeune homme, hilare.
_Vous êtes... méprisable!
Le rire de Nick redoubla dans l'habitacle et la jeune femme rougit encore plus, tandis qu'elle se faisait toute petite sur son siège. Dans un besoin de la protéger, il s'arrêta mais sans perdre la malice dans ses yeux, il rétorqua:
_Je suis désolé, c'était trop tentant. Mais si cela peut vous rassurer, si je n'étais pas en train de conduire, je vous dévorerais des yeux.
Le teint d'Aurélie vira de nouveau au rouge pivoine, alors qu'elle restait bouche-bée, jusqu'à ce que les mots parviennent enfin à sortir, bien que hâchés:
_Je... je ne vous dévorais pas des yeux!
_Ah non? Dommage: j'aurais adoré pourtant.
Sa malice si séduisante acheva de la calmer et elle esquissa un sourire avant de répondre en baissant les yeux:
_Et que feriez-vous si j'avouais que je vous dévorais des yeux?
_Pas la peine. Je le sais déjà, répondit-il avec une présomption qui la laissa bouche-bée, une fois de plus.
_Vous êtes..., commença la jeune femme, outrée par son assurance.
_Continuez comme ça et j'arrête la voiture sur le bord de la route, menaça-t-il tranquillement.
_Vous n'oseriez pas?
Après un coup d'oeil dans le rétroviseur central, il se gara sur le bas-côté et dès qu'il eut serré le frein à main, il se pencha vers elle:
_Ma chère, à ce jeu-là, vous n'aurez jamais le dessus avec moi?
Leurs visages se trouvaient à quelques centimètres l'un de l'autre, troublant l'atmosphère et la voix du jeune homme qui renchérit de sa voix rauque:
_Je pourrais vous apprendre... beaucoup de choses.
_Je... je ne veux pas...
_Je sais, répondit-il tristement en baissant la tête.
_Vous savez?
Il dut user de quelques secondes pour tempérer ses ardeurs avant de relever la tête pour lui sourire doucement. Il n'avait plus rien de l'homme plein d'assurance, presque prétentieux: il se voulait protecteur et dans un geste d'une extrême douceur, il lui caressa la joue du dessus de la main. Mais comme ce geste fit naître de nouvelles envies, il s'écarta et se replaça normalement sur son siège avant de redémarrer.
_Alors, où voulez-vous aller?, lui demanda-t-il finalement, comme si de rien était.
La jeune femme l'observa, le visage fermé, avant d'empreinter la même façon d'être que lui. Elle lui expliqua tout ce dont elle avait besoin et de son propre chef, il la conduisit au marché et dans divers petits commerces. Il n'avait pas cherché à se séduire aussi ouvertement que dans la voiture et avait cessé de se provoquer, mais sans s'en rendre compte, ils s'étaient presque comportés comme un couple en partageant des senteurs, des avis. Il lui fit goûter de la pastèque et elle lui apprit à choisir des melons. C'était simple, mais leur complicité les rendait plus heureux qu'un vrai jeu de séduction. Avec galanterie, Nick l'aida à porter ses courses avant de l'inviter à prendre un café. Ce fut donc un peu à contrecoeur qu'ils reprirent la route de la maison, car cela allait mettre fin à leur "solitude": Aaron serait avec eux et son rôle de témoin et de bouclier les empêcherait d'être eux-même.
_Je vous remercie de m'avoir accompagnée: je ne me serais pas autant amusée, si j'avais été seule... ou avec Aaron, avoua-t-elle timidement, mais sans baisser les yeux.
Au volant, il garda le regard rivé sur la route, mais esquissa un sourire qui l'avait quitté depuis qu'ils avaient repris la route.
_Je vous avais peut-être sous-estimée, finalement.
_A quel propos?
_Il vaut mieux que vous ne le sachiez pas.
Il sentit que la curiosité la torturait, alors qu'elle l'observait pensivement. Et puis, elle se résolut à baisser les yeux, sourire et regarda par la fenêtre. De retour à la maison, Nick l'aida à transporter les courses dans la cuisine avant d'annoncer:
_Je vais essayer de tirer mon frère du lit. Il serait temps qu'il prenne soin de son invitée.
Il sembla à Nick que le rapide sourire qui glissa sur ses lèvres, était plus triste que malicieux, mais il tourna les talons pour ne pas s'attarder sur ses doutes. En chemin, il mit malcontreusement le pied dans une crotte de chiens et la maison trembla sous l'effet de son juron, avant qu'il n'enfonce violemment la porte de la chambre de son frère:
_Aaron! Lève-toi!
_Laisse-moi: j'ai sommeil...
_Ca m'est égal, tout autant que ça l'était pour toi, quand Aury et moi voulions dormir la nuit dernière.
Le jeune homme soupira d'agacement en repoussant sa couette avant de se lever pour faire face à son frère: un nouveau conflit s'annonçait.
_Qu'est-ce que tu veux?
_Je commence à en avoir assez de tes agissements de gamin: tu as eu le noble geste d'inviter Aurélie, mais tu n'es même pas foutu de t'occuper d'elle!
_Elle est assez grande pour se prendre en main, Nick, et tu es là!
_Oui, je suis là et comme d'habitude, je rattrape tes bêtises.
Il vit la mâchoire de son cadet se serrer, mais il ne lui laissa pas le temps de rétorquer:
_Tu veux que je te considère comme un homme, comme mon égal? Alors, prends-toi en main! Fais quelque chose de ta vie!
_Je bossais, la nuit dernière, je te signale.
_Tu es égoïste! Tu ne penses qu'à toi! Tu veux qu'on te donne des responsabilités, mais tu n'es même pas capable de passer du temps avec une invitée, ni même de sortir ton chien!
_Ecoute, c'est pas ma faute, si tu as marché dans...
_Ca n'a rien à voir avec ça, Aaron! Si tu veux qu'on te respecte, il serait temps que tu fournisses de la matière aux gens qui t'entourent. Tu dois donner pour recevoir, mais là, de toute évidence, tu n'es pas assez mûr pour ça. Tu ne penses qu'à ce qu'on peut t'offrir sur un plateau, mais il n'y a qu'aux enfants qu'on fait ces cadeaux. Tu es adulte, Aaron, alors bouge-toi!
_D'accord! Je sortirais les chiens!
_Tu ne comprends rien.
_Dans ce cas, explique-moi!
_Je suis fatigué de le faire: maintenant, c'est à toi de te construire tout seul, de faire tes propres expériences et tes erreurs.

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Vivi
Posté le: 28/10/2007 13:03:59 Répondre en citant

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Sur des charbons ardents, Nick quitta la chambre en claquant la porte derrière lui et partit se réfugier dans la sienne. Mais rien n'y faisait: il ne parvenait pas à se calmer et Layla qui sautait autour de lui en aboyant, ne l'aidait pas beaucoup. Finalement, il comprit qu'elle lui soufflait la direction à prendre. En un rien de temps, il s'était changé et se dirigeait vers la porte d'entrée, lorsque la voix d'Aurélie l'arrêta:
_Que s'est-il passé?
_Vous ne devinez pas?
_Si... Je suis désolée.
_C'est inutile. Au moins les choses sont claires à présent. Ce n'était pas facile, mais il fallait que ça sorte.
_Et maintenant?
_"Maintenant"?, répéta-t-il avant de sourire avec une triste ironie. Je suis sûrement encore plus anxieux qu'avant: j'ai peur de ce qu'il va faire et je suis furieux de ce qu'il n'a pas encore accompli. Alors plutôt que de lui crier encore dessus sans obtenir le moindre résultat, je vais aller courir un peu avec les chiens: avec de la chance, je reviendrais épuisé.
Cette fois, il souriait avec un peu plus de douceur. Mais alors qu'il se détournait pour franchir la porte déjà ouverte, il entendit la voix fébrile de la jeune femme:
_Est-ce que je peux venir?
Une fois la surprise passée, il fut capturé par un ancien démon et s'enquit:
_Vous consultez aussi à l'extérieure, mon cher docteur?
_A vrai dire, vous avez été là pour moi, ce matin, alors la moindre des choses est que je vous rende la pareille.
Elle avait toujours cette nervosité sur son visage et elle semblait attendre sa réponse avec attention.
_Un peu de compagnie me rendra peut-être moins irritable, si vous pouvez me suivre, la provoqua-t-il.
Un sourire illumina alors les traits d'Aurélie, tandis qu'elle répondait:
_J'en ai pour une minute: juste le temps de me changer.
_C'est tout le temps que je vous accorde avant de venir vous chercher.
_Dois-je prendre cela comme une promesse ou une menace?, le taquina-t-elle à son tour.
Il fut tellement surpris que cela s'afficha sur son visage, et tout en reculant, elle éclata de rire. Ebahi, il la regarda s'éloigner, alors que son coeur battait la chamade. Surpris par cette réaction, il posa la main sur son coeur. Il ne comprenait pas pourquoi ça lui arrivait maintenant, avec elle et pour l'instant, il n'avait aucune envie de chercher à comprendre. N'ayant qu'une hâte, la retrouver, il partit la rejoindre. La porte n'était pas complètement fermée, aussi n'eut-il qu'à la pousser pour découvrir celle qu'il cherchait, en pantalon de jogging bleu marine et en brassière blanche. Elle était penchée sur son lit et ne semblait pas l'avoir entendu puisqu'elle prit tout son temps pour enfiler un tee-shirt blanc sans manches. Mal à l'aise, après l'avoir admiré pendant quelques secondes, il se recula et tenta de se reprendre avant de frapper à la porte en s'exclamant:
_Aurélie? Vous êtes prête?
_Oui! J'arrive.
Encore sous le choc des images merveilleuses qu'il venait de voir, il préféra rester dans le couloir à marcher nerveusement, de long en large jusqu'à ce qu'il entende:
_Voilà! Alors, est-ce que j'ai été longue?
En se retournant, il vit qu'elle s'était attachée les cheveux en une queue de cheval. Il la trouvait encore plus séduisante et avec un faible sourire, il secoua la tête, sans la quitter des yeux. Il devait la regarder un peu trop intensément, car il la vit rougir et baisser les yeux, intimidée. Il se racla alors la gorge et se détourna avant de répliquer:
_Bon, si on y allait?
Ils sortirent en tenant les chiens en laisse et empreintèrent la voiture de Nick pour rejoindre le chemin pédestre un peu plus haut sur la colline. A mesure qu'il s'éloignait de la maison, il lui semblait qu'il se détendait et une fois là-haut, il s'exclama prévenant, en se tournant vers la jeune femme:
_On va pouvoir commencer à courir à présent, mais surtout n'hésitez pas à me le dire si vous n'arrivez pas à me suivre.
Un sourire amusé apparut sur les lèvres d'Aurélie, avant qu'elle n'acquiesce. Il la laissa partir devant en tenant le chien d'Aaron et se perdit presque aussitôt dans la contemplation des hanches de la jeune femme. Finalement au bout de quelques kilomètres, elle le distança largement, car il était trop essoufflé. Il avait essayé de tenir sa cadence, mais malgré son endurance, il avait lâché prise et s'était arrêté pour prendre son souffle. Sûrement en ne le trouvant plus à ses côtés, la jeune femme avait fait demi-tour et revenait à présent vers lui en trottinant.
_Est-ce que ça va? Vous auriez dû me dire que vous n'arriviez pas à me suivre!
La moquerie était si flagrante dans la voix d'Aury qu'il releva la tête vers elle, pour la voir éclater de rire.
_Ok, je n'aurais pas dû vous sous-estimer.
_Merci. En attendant, on peut marcher pour reprendre notre souffle, si vous voulez?
Il aurait voulu lui assurer qu'il était capable de poursuivre leur course, mais d'un autre côté, il préférait rester tranquillement à côté d'elle, aussi accepta-t-il sa proposition. Ils marchaient côte à côte depuis déjà quelques minutes et il mourait d'envie de lui prendre la main. Au fil de ses pas, cela devenait une torture de plus en plus difficile à réfreiner, alors après avoir compris que plonger sa main dans sa poche ne servirait à rien, il changea de main pour tenir la laisse.
_Est-ce que vous vous sentez mieux?, s'enquit la jeune femme après de longues minutes de silence.
_Oui, merci. Bizarrement, cela va nettement mieux au fil de chaque seconde.
_Ce doit être le fait d'être au grand air.
_Non, je pense plutôt qu'il s'agit d'autre chose..., répliqua-t-il lacoquinement.
_Vraiment? Est-ce que vous auriez réfléchi, pendant que je m'époumonais en courant devant vous?
Elle parlait avec malice et il s'en trouva encore plus séduit, avant de répliquer:
_Oui... et non. J'ai réfléchi, mais pas à propos d'Aaron.
_Ah non?
Elle semblait vraiment étonnée et attendait visiblement qu'il en dise un peu plus. Cette fois, il ne prit plus la peine de réfreiner son désir et bien que timidement, il lui prit la main en cherchant ses mots. Il l'avait senti se raidir légèrement et visiblement, elle était nerveuse autant que surprise. Les yeux écarquillés face à son geste, elle semblait retenir son souffle, alors touché par sa réaction, il sourit et répliqua:
_En fait, je voulais vous remercier, Aury, parce que, grâce à vous, j'ai l'impression que les choses peuvent s'arranger entre mon frère et moi.
_Ce... ce n'est rien...
_Si. Sans vous, rien n'aurait été possible. Alors, je vous remercie d'avoir été là pour moi, de m'avoir écouté et conseillé. J'apprécie beaucoup ces moments qu'on passe ensemble... hum... et je...je... je voulais vous proposer de...
Il était tellement concentré sur ses paroles et sur Aurélie, qu'il en oublia son chien et il suffit que l'animal tire un peu trop sur sa laisse pour lui échapper:
_C'est pas vrai..., rugit-il entre ses dents. Layla! Viens ici, espèce de chien stupide!
Sans attendre davantage, ils s'étaient lancés à sa poursuite, mais enfin libre de ses mouvements, le pitbull du jeune homme ne voulait rien entendre, surtout qu'elle coursait à présent un lapin. Après plusieurs minutes de course folle, ils l'aperçurent un peu plus bas à flanc de colline, sûrement à débusquer le terrier de sa proie. La descente n'était pas trop raide, aussi Nick se lança-t-il, non sans prudence.
_Faites attention, lui enjoignit Aury, d'une voix anxieuse.
Mais alors qu'il relevait la tête pour la rassurer, son pied glissa sur de la terre sèche et il eut beau tenter de s'accrocher aux branches, il se sentit tomber lourdement et rouler encore et encore sur les bosses. Il perçut les cris de sa compagne qui s'éloignaient de plus en plus, mais il avait beau faire, il ne parvenait pas à s'arrêter. Finalement, un terre-plein s'en chargea et il sombra quelque peu dans l'inconscience, tandis que son prénom résonnait dans sa tête comme un écho. Quelques instants plus tard, il sentit des mains se poser sur son visage et tâter son corps à la recherche d'une blessure. Lentement, il rouvrit les yeux et sourit en la découvrant penchée au dessus de lui.
_Mon dieu, vous n'êtes pas mort, s'exclama-t-elle avec gravité et angoisse.
_Encore heureux: je n'aurais alors pas eu la chance d'entendre votre rapport sur moi, murmura-t-il avec un sourire moqueur.
Mais elle semblait tellement affectée que cette marque d'humour ne sembla pas prendre, puisqu'elle répliqua, ses yeux lançant des éclairs:
_Bon sang... Vous êtes pathétique!, l'accusa-t-elle avant d'ajouter. Vous voulez vraiment savoir ce que je pense de vous? Je pense que vous êtes... vous êtes l'homme le plus... le plus irritant et agaçant que j'ai jamais connu!
_Oh, alors je vous fais beaucoup d'effets, la provoqua-t-il sans se départir de son sourire amusé.
_Vous voyez! Vous ne pouvez jamais être sérieux!
_Vous voudriez que je le sois?, s'enquit-il en la fixant intensément.
_Oui!
_Alors, embrassez-moi.
_Qu... quoi?
_Embrassez-moi.
_Vous... vous voyez! Vous ne pouvez jamais être sérieux avec moi!
_Vous ne me croyez pas? Et si je vous dis que, si vous ne m'embrassez pas, je me redresserais et je le ferais moi-même, au risque d'avoir une hémorragie interne et de rester paralyser.
_Vous n'êtes pas sérieux?
_Vous ne m'en croyez pas capable?
_Si, mais...
_Alors, embrassez-moi... Embrassez-moi, Aury, ou je..., menaça-t-il en se redressant déjà.
Et tout à coup, il goûta enfin ses lèvres. Elle était venue d'elle-même les poser sur les siennes, même s'il aurait préféré qu'elle le fasse sans qu'il ait besoin de la menacer. En attendant, il ferma les yeux en soupirant de plaisir, tout en lui répondant et passa ses bras autour d'elle, alors qu'elle prenait son visage entre ses mains. Si elle avait été distante au départ, c'était à présent d'elle-même qu'elle glissait sa langue sur celle de Nick et il resserra ses bras autour d'elle en caressant son dos et ses hanches.
_Est-ce que tout va bien?, s'écria tout à coup une voix inconnue un peu plus haut.

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Trinity
Posté le: 29/10/2007 12:10:18 Répondre en citant

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AHAHAHHAHAH Vivi pourquoi tu nous laisse comme ca sur notre faim. Sérieux je trouve magnifique j'ai l'impression de lire un film tellement que c'est bien ecrit!!!

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Nanou
Posté le: 31/10/2007 20:01:30 Répondre en citant

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Faut toujours quelqu'un qui gâche les meilleurs moments!
Allez, vivement la suite!

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Vivi
Posté le: 11/11/2007 18:59:46 Répondre en citant

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Ce fut suffisant pour les interrompre et les faire revenir sur terre. Aurélie s'était irrémédiablement redressée comme si elle se sentait prise en faute. Nick sut aussitôt qu'elle regrettait de lui avoir céder et d'une voix un peu plus sûre, il répondit sans la quitter d'un regard grave et triste:
_Oui! Merci!
Il attendit quelques secondes avant de répliquer d'une voix douce:
_Aury... Regardez-moi.
_Je suis désolée, mais je ne peux pas, répondit-elle, la tête baissée.
_Ecoutez, je sais que vous vous sentez coupable et mal à l'aise, mais vous n'avez pas à être gênée: c'est moi qui vous ai contrainte à m'embrasser.
_Non, je...
_Vous m'avez embrassée de votre propre chef?
_Non!
Sa contradiction le fit sourire et le rassura. Elle n'osait toujours pas le regarder, mais il sentait qu'elle était aussi attirée par lui, même si elle n'osait pas encore le reconnaître.
_D'accord, soupira-t-il simplement, avant de s'allonger de nouveau et de fermer les yeux en soupirant.
_Tout va bien?
_Oui, je... j'ai juste envie de me reposer une minute.
_Il ne faut pas que vous vous endormiez, s'inquiéta-t-elle comme s'il risquait de mourir en une seconde.
Sa réaction le fit sourire et malgré ses yeux clos, il pouvait sentir qu'elle ne le quittait pas des yeux.
_Ne vous inquiétiez pas, Aurélie, je ne vais pas mourir.
_Vous êtes sûr de ne pas vous être cogné la tête?
_Aury, tout va bien, mais si vous craignez pour ma santé, vous pouvez toujours m'occuper?, suggéra-t-il pour la provoquer, tandis qu'un sourire moqueur apparaissait sur ses lèvres.
_Nick, lui reprocha-t-elle.
_Je ne risquais rien à essayer... Vous ne voulez pas vous allonger avec moi, un instant? En tout bien, tout honneur.
Il sentait qu'elle hésitait et pensait vraiment qu'elle allait refuser. Pourtant, au bout de quelques secondes, il la sentit bouger autour de lui, avant de sentir sa cuisse contre la sienne, sa poitrine contre son torse avant de poser sa tête au creux de son épaule. Il laissa échapper un paisible sourire et passa un bras autour d'elle pour la garder contre lui. C'était comme s'ils se recueillaient, mais au bout de quelques minutes où il la crut endormie, elle le contredit en s'exclamant:
_Vous auriez été bien embêté, si je vous avais dit "oui".
Elle le testait, il le savait, et il sentait sa peur. Oui, à présent, il en était sûr: elle était attirée par lui, mais elle avait juste trop peur pour se laisser aller et accepter ses sentiments. Peu importait: il était prêt à attendre et à continuer de la séduire et de la provoquer, si cela pouvait l'amener à la convaincre.
Finalement, ils avaient du se résoudre à se relever et à quitter cet endroit aussi magique que le moment qu'ils venaient d'y passer. Alors qu'ils reprenaient le chemin de la maison, ils se disaient que leur relation avait évolué: ils continuaient de se vouvoyer, car à leurs yeux, le tutoiement constitueraient un rapprochement très intime, un pas de géant. Mais quand ils étaient remontés là où les chiens, y compris Layla, les attendaient, Nick lui avait tendu la main et après l'avoir regardé pendant quelques secondes, elle l'avait accepté. Il ne s'y attendait pas forcément, mais en sentant ses doigts se mêler aux siens, il lui avait semblé qu'un poids énorme avait disparu de sa poitrine. Il respirait plus librement, plus facilement, et il aurait voulu resté seul avec elle pendant des heures. Mais à peine eurent-ils passé le pas de la porte d'entrée, qu'Aaron était venu à leur rencontre:
_Où étiez-vous passés?
_Promener les chiens. Pourquoi?
_Rien, je me posais la question en ne trouvant pas Aury. Je m'inquiétais...
_Elle était avec moi, alors tu vois, c'était inutile.
A la mine sombre de son cadet, Nick songea que ce dernier ne semblait pas apprécier le rapprochement entre Aurélie et lui. Ils devraient en parler, plus tard, mais il ne comptait pas pour autant mettre un terme à ses efforts pour la conquérir, quoi que son frère puisse lui dire.
_Au fait, Nick, ton manager a appelé: il veut te voir cet après-midi.
_D'accord, je vais le rappeler tout de suite. Merci, bro.
Il coula un dernier regard à la jeune femme avant de partir dans sa chambre. Quand il en fut ressorti, la maison était vide. Il se prépara à manger en se demandant où son frère et son amie avaient pu aller, sans le prévenir, mais ce n'est qu'alors qu'il s'apprêtait à partir, que son frère réapparut:
_Qu'est-ce que tu fais dans cette tenue?
_J'ai un rendez-vous professionnel très important.
_Ca doit, oui, pour que tu mettes un costume.
Les sourcils froncés, Nick baissa les yeux vers son costume foncé sous sa chemise beige. En fait, il ne l'aurait jamais avoué, mais il s'était habillé avec autant d'élégance, dans l'espoir d'attirer l'attention d'Aury et mieux la séduire. Mais elle n'était toujours pas là et il commençait vraiment à s'en inquiéter. Se pouvait-il qu'elle ait vraiment mal pris leur baiser?
_Où est Aurélie?
_On l'a appelé: il fallait qu'elle aille en ville, alors je l'ai emmenée.
De toute évidence, son frère ne voulait pas en dire davantage: agissait-il ainsi pour protéger Aury de lui? Craignait-il vraiment de le voir la blesser? Cette possibilité l'inquiétait de plus en plus, si bien qu'il répliqua:
_Aaron... A mon retour, je voudrais qu'on discute.
_De quoi? Parce que si c'est encore pour qu'on se dispute...
_Je ne sais pas, mais c'est important.
_Ok, répondit simplement Aaron.

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Vivi
Posté le: 11/11/2007 19:00:43 Répondre en citant

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Se doutait-il du sujet qu'il voulait aborder? A son regard grave, Nick en doutait et il se contenta d'acquiescer avant de quitter la maison. Il se posait aussi des questions sur les raisons du départ d'Aury. Se pouvait-il qu'il en soit la cause? Il n'avait pas arrêté d'y penser, de tout l'après-midi, craignant qu'elle ne revienne jamais. Il s'incriminait, se reprochait son manque de subtilité, si bien qu'il ne parvenait pas à se concentrer sur son rendez-vous d'affaires qui dura donc plus longtemps que prévu. Enfin, il reprit la route de la maison en fin d'après-midi. D'un côté, il craignait ce qu'il allait y découvrir, et de l'autre, il n'avait qu'une hâte, s'assurer qu'elle était bien rentrée. Mais dès qu'il eut passé la porte, quand il eut appelé son frère et Aurélie, personne ne lui répondit. "Peut-être Aaron est-il parti la rechercher?", songea-t-il avec dépit en allant se chercher une bière au frigo. Bizarrement, il avait la sensation d'étouffer en restant dans la maison, aussi passa-t-il sur le balcon qu'il longea d'un pas tranquille en admirant la vue sur la ville. Avec un soupir, il s'appuya à la rembarde en se demandant encore comment une femme pouvait accaparer son esprit à ce point, alors qu'ils se connaissaient à peine. Il repensait encore et encore au baiser qu'ils avaient échangé et à cette étreinte pure et enchantée qui avait suivie. Il avait encore du mal à y croire, tant cet épisode ressemblait à un rêve. Las, il soupira à nouveau en se redressant et il s'arrêta de bouger et de respirer en l'apercevant en contrebas. Très lentement, il esquissa un sourire: elle était là, allongée sur le ventre, sur un transat installé à côté de la piscine. Aaron semblait ne pas être avec elle, alors qu'elle se faisait bronzer, simplement vêtue d'un bas de bikini. La tentation était trop forte et après avoir posé sa bière sur une petite table de jardin, il descendit le grand escalier en pierre qui menait à la terrasse et à la piscine. Les mains dans les poches et d'un pas tranquille, il ne la quittait pas des yeux. Apparemment, elle ne l'entendait pas arriver ou du moins, elle n'y prêtait pas attention. En arrivant jusqu'à elle et en se penchant sur elle, il remarqua qu'elle s'était endormie. Il en profita alors pour admirer les formes qu'elle avait bien voulu dévoiler aux regards et au soleil. Ses formes étaient d'une telle sensualité qu'il devait se retenir de caresser sa peau à l'aspect soyeux. Elle avait doré, mais commençait à rosir. Son sourire s'élargit alors et il songea à joindre l'utile à l'agréable. Sans attendre, il attrapa la crème solaire qu'elle avait posé à côté de son transat et après l'avoir étalé sur ses mains, sur une profonde inspiration, il posa ses doigts tremblants sur les épaules de la jeune femme et commençait à les masser. Lentement, il la sentit s'éveiller en descendant ses mains de chaque côté de sa colonne vertébrale. En l'entendant pousser un léger gémissement, il sourit encore plus et laissa ses doigts s'aventurer avec davantage d'audace. Finalement, elle ouvrit les yeux et en tournant la tête, elle découvrit avec horreur qu'il était là. Aussitôt, elle se retourna en couvrant sa poitrine à l'aide de la serviette sur laquelle elle était allongée:
_Qu'est-ce que vous faites?, s'enquit-elle, horrifiée.
_J'ai vu que vous vous étiez endormie au soleil et que vous commenciez à brûler, alors je vous passais de la crème.
_Vous avez profité de mon sommeil pour...!
_J'ai juste voulu vous rendre service, prit-il aussitôt la mouche. Et puis, ça n'a pas eu l'air de vous déplaire.
A l'instant même où il prononçait ces mots, il sut qu'il était allé trop loin. Dans ses yeux brillaient des flèches enflammées, tandis qu'elle se relevait et faisait le tour du transat pour récupérer son haut de maillot et son tee-shirt. Mais Nick fut plus prompt qu'elle: il voulait l'arrêter pour lui expliquer et s'excuser. Cependant, quand il eut ses vêtements dans la main, elle tendit la sienne et s'enquit:
_Rendez-les moi, s'il vous plaît.
Il regarda sa main, puis son visage où était encore empreint la colère, alors il répliqua:
_Non. Pas tant que vous ne m'aurez pas écouté. Aury, je vous assure que je ne pensais pas à mal en vous passant de la crème. Evidemment, après ce qui s'est passé entre nous ce matin, j'avais irrémédiablement envie de vous toucher, mais...
_Je ne veux plus rien entendre, répondit-elle en détournant les yeux.
De toute évidence, le rappel des événements la rendait mal à l'aise, mais il ne voulait pas que ça se passe ainsi. Il voulait qu'elle sache qu'il était sérieux et sincère avec elle. Les yeux toujours rivés sur elle, il esquiva son geste quand elle tenta de lui arracher ses vêtements de la main.
_Nick, rendez-les moi.
_Pas tant que nous n'aurons pas parlé de ce qui s'est passé ce matin.
_En ce qui me concerne, c'est du passé, une erreur et je ne veux plus en entendre parler. Maintenant, si vous ne voulez pas me rendre ce qui m'appartient, tanpis: je rentre.
Elle allait rentrer en se couvrant toujours du drap de bain, mais il ne pouvait la laisser partir. Alors, il l'attrapa par le bras, mais la retint si fort, qu'elle marcha sur sa serviette qui traînait par terre et qu'elle lâcha malencontreusement. Chancelante, elle retrouva ses appuis contre le torse de Nick qui avait voulu la soutenir. Au lieu de ça, elle lui était quasiment tombée dans les bras et les yeux baissés vers elle, il brûla en sentant la poitrine nue et tendue d'Aurélie, pressée contre son torse. A travers sa fine chemise, il sentait même les pointes de ses seins tendues vers lui comme pour l'appeler et gagner ses caresses et ses baisers. La tête baissée contre son torse, elle murmura alors d'une voix suppliante:
_Je vous en prie, ne me regardez pas.
Un sourire attendri naquit alors sur les lèvres de Nick, avant qu'il ne réponde:
_Je suis désolée, mais ça m'est impossible: vous êtes trop... magnifique. Je ne peux me lasser de vous admirer, Aury.
Sa voix était chaude et rauque et de crainte de lui faire peur, il insista un peu plus la pression de sa main dans le dos de la jeune femme, tout en glissant son autre main sous son menton pour lever son visage vers lui. Elle put ainsi découvrir que l'expression de son visage avait changé: elle était passionnée, grave, tendre et tendue. De son côté, il lisait bel et bien la peur, l'appréhension sur son visage, mais la poitrine d'Aury qui se soulevait plus vite sous l'accélération de sa respiration, lui disait qu'elle avait envie de lui. Alors, avant de se perdre dans ses yeux, il s'enquit:
_Aury, je vous en prie, dites-moi s'il y a un homme dans votre vie?
Comme au bout de quelques minutes, elle ne répondait toujours pas, il renchérit avec davantage de fougue:
_Je vous en prie, dites-le moi. Il faut que je sache maintenant, car ensuite, je ne pourrais plus réfreiner le désir que vous m'inspirez. Je meurs de désir pour vous, mais s'il y a quelqu'un d'autre, je m'en irais et je vous laisserais tranquille. Vous n'entendrez plus parler de moi.
_Non, murmura Aury dans un souffle en le fixant avec intensité.
_Non, "vous n'avez personne", ou non...
Elle prit une profonde inspiration, mais sembla encore manquer d'air. Pourtant, elle finit par répondre:
_Non... je n'ai personne... et non, je ne veux pas que vous partiez.
_Vous comprenez ce qui risque de se passer? Vous comprenez que je ne vous laisserais pas?
Incapable de parler, elle acquiesça et face à son tendre sourire plein de soulagement, elle attendit, le coeur battant. Lisant dans ses pensées, il resserra encore l'étreinte de ses bras autour d'elle, tout en venant cueillir sa bouche. Comme si cela n'allait pas assez vite, il eut même le plaisir de la voir se hausser sur la pointe des pieds pour goûter plus rapidement à son baiser. Avec un mélange de timidité et de fougue, elle passa ses bras autour de son cou et lui répondit avec une passion libérée. Encouragé par sa réaction, il osa la caresser, effleurant la rondeur de ses seins et insistant sur celle de ses hanches, de ses fesses. Ravi, il l'entendit même gémir et sentit ses doigts s'attaquer aux boutons de sa chemise. Ragaillardi, il mit fin à leur baiser, mais rapidement, se pencha en avant pour glisser un bras sous ses jambes pour la soulever contre lui et il en profita aussi passage pour embrasser son bras et son épaule avant de reprendre sa bouche. Ses yeux figés sur elle, avec autant d'intensité que sa langue caressant la sienne, il l'emmena jusqu'au transat où elle reposait encore quelques minutes plus tôt. Avec délicatesse, il l'y déposa avant de commencer l'exploration de son cou et de son buste par ses lèvres, rapidement rejoint par ses doigts, tantôt légers, tantôt insistants. Elle soupirait son prénom avec une sensualité qui le rendait fou et il sentit son désir s'intensifier, lorsqu'elle lui retira sa chemise avant de l'attirer contre elle. Mais son corps à découvrir était une tentation trop forte et il abandonna rapidement sa bouche pour venir escalader ses deux monts aux pointes tendues vers le ciel. Fébrile, elle passait ses doigts dans ses cheveux et se cambrait en gémissant. Mais il voulait plus: il voulait l'entendre avouer son désir de vive voix. Son corps brûlant le lui prouvait déjà autant que ses soupirs, mais il avait besoin de savoir que c'était lui qu'elle voulait, lui qu'elle désirait:
_Aury, dis-moi ce que tu désires; dis-moi ce que tu veux.
Ses lèvres bougeaient, mais aucun son ne semblait capable de passer la "frontière". Alors, ses lèvres tout contre sa peau, il s'enquit encore:
_Est-ce que tu as envie de moi, Aury? Est-ce que tu aimes ce que je te fais?
Impatient de l'entendre, il fit glisser sa main sur sa poitrine, sur son ventre pour finalement faire disparaître ses doigts sous le carré de tissus entre ses cuisses. Aussitôt, elle se cambra en gémissant et d'une voix incontrôlée, elle répliqua:
_J'ai envie de toi, Nick! Tellement si tu savais! Je veux faire l'amour avec toi. Je veux te sentir en moi. Je t'en prie, n'arrête pas. S'il te plaît, n'arrête pas...
Surpris, mais ravi par ses aveux, il dut se retenir de toutes ses forces pour ne pas lui arracher sauvagement le dernier "vêtement" qui la couvrait et ne pas la faire sienne immédiatement. Au lieu de ça, il l'embrassa avec passion et retira le débardeur blanc qu'il portait sous sa chemise.
Mais alors qu'il pensait que rien n'allait plus les empêcher de s'unir, ils perçurent des voix:
_Vous voulez boire quelque chose, les gars?

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Nanou
Posté le: 13/11/2007 14:05:35 Répondre en citant

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Fave BSB:
Quelle situation compromettante pour Nick et Aury... Ca casse tout!
Vivement la suire!

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Posté le: 19/10/2017 17:20:08
 
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